Un animal décédé peut-il venir vous chercher pour vous faire passer un message ?
Dernière mise à jour : 15 sept.

Mon expérience en communication animale
Il y a quelques semaines, sur mon lieu de vacances, j’ai vécu une expérience plutôt inédite dans ma pratique de la communication animale.
Être sollicitée par les gardiens d’un animal pour entrer en communication avec lui, y compris lorsqu’il est décédé, fait partie de mon travail. Mais cette fois-ci, l’histoire a commencé d’une manière très différente : c’est un animal que je ne connaissais pas qui a pris l’initiative de venir à ma rencontre.
Cela m'a amené à réfléchir à ma pratique, au doute, au discernement et à la question du libre arbitre.
Comment fonctionne la communication animale ?
La communication animale est, pour moi, avant tout une connexion à l’animal (FAQ).
Elle ne consiste pas simplement à « poser des questions » et à attendre des réponses sous forme de phrases. Les informations peuvent se présenter de différentes manières : une sensation corporelle, une émotion, une image, un mot, un son, une impression, une odeur ou encore une sensation gustative.
Mon rôle est ensuite de recevoir ces informations et de les traduire en mots.
Je me considère donc davantage comme une traductrice que comme quelqu’un qui détiendrait une vérité sur l’animal.
Cette connexion peut concerner un animal vivant, mais également permettre de vivre une communication avec un animal décédé, notamment lorsque son gardien souhaite recevoir un message ou mieux comprendre ce qui reste du lien qui les unit.
Car au-delà de la communication elle-même, il y a quelque chose qui me semble essentiel :
Le lien entre l’animal et son gardien.
Ce lien ne disparaît pas avec la mort de l’animal. Pour certaines personnes, recevoir un message de leur animal peut constituer une manière de continuer à faire vivre ce lien, de déposer une émotion, de recevoir une information ou simplement de sentir que quelque chose de leur relation demeure.
Une nuit, un aboiement
Cette nuit-là, il faisait particulièrement chaud dans la chambre.
J’ai donc décidé de la quitter pour aller dormir dans le salon. J’ai installé un petit matelas de fortune, en plein milieu de la pièce.
Une heure environ après m’être installée, je me suis réveillée brusquement.
Un aboiement.
Très aigu. Très fort. Et surtout, juste à côté de mon oreille.
Je savais que ce n’était pas ma chienne, Amma : elle dormait tranquillement avec son papa dans la chambre.
Le son que j’avais perçu évoquait plutôt, pour moi, l’aboiement d’un petit chien.
Ce genre de réveil n’est d’ailleurs pas totalement inhabituel dans mon expérience. Il m’arrive régulièrement d’être réveillée au cours de la nuit par une sensation sonore extrêmement intense, comme si un son était présent juste à côté de moi.
Avec le temps, j’ai cessé de chercher à déterminer si j’avais « rêvé », si mon imagination était à l’œuvre ou si cela devait nécessairement entrer dans une explication rationnelle.
Pour moi, c’est quelque chose qui appartient à l’indicible.
Je le perçois comme un pont qui s’établit entre ce que nous appelons le monde visible et le monde invisible pendant ces sorties de corps nocturnes – c’est ainsi que je perçois le sommeil.
Et cette intensité sonore a souvent pour effet de me ramener immédiatement dans mon corps, dans la matière, dans le présent.
Recevoir le message d’un animal
Après cet aboiement, impossible de me rendormir.
Et c’est à ce moment-là qu’un mot est apparu très clairement dans mon esprit :
Bichon.

Recevoir le message d'un animal
Je ne suis absolument pas spécialiste des races de petits chiens. Pourtant, le mot était là, très présent, accompagné d’une sensation et d’une énergie assez précises.
Ce que je percevais ressemblait à quelque chose comme :
« Je suis présent dans la maison. Je garde la maison. Et précisément là où tu dors, c’est ma place. »
Il n’y avait rien d’agressif dans cette présence.
C’était plutôt une manière très claire de signaler :
« Je suis là. »
Et, accessoirement :
« Tu dors à ma place… tu voudrais pas dormir ailleurs ?! :) »
J’ai trouvé cela presque amusant après coup.
Sur le moment, en revanche, je n’avais pas spécialement envie de rester dormir à cet endroit.
Je n’ai pas peur des animaux dans ce type d’expérience, mais disons que le message était suffisamment clair pour que je retourne me coucher dans la chambre.
Évidemment, il m’a fallu un certain temps avant de réussir à me rendormir.
Parce qu’à ce moment-là, un autre élément est entré en jeu :
le doute !
Le doute fait aussi partie de ma pratique.
Je le considère comme important dans mon métier.
Et, quelque part, je suis même heureuse qu’il existe.
Le lendemain matin, je retrouve mon père à la table du petit-déjeuner et là, il me raconte qu’il avait discuté avec le propriétaire ce matin-là, que tout se passait très bien avec notre cheinne Amma, qu’il était ravi de l’avoir… et qu’il adorait les chiens.
Puis il ajoute :
« Ils avaient même un bichon il y a quelques années. »
À ce moment-là, je me suis dit :
D’accord.
Si j’avais encore la moindre hésitation quant au fait d’aller leur parler de ce que j’avais vécu, cette information était pour moi une forme de feu vert.
Je suis donc allée les voir.
Et, comme vous pouvez l’imaginer, ils ont été très surpris.
Pour eux aussi, c’était une première.
Ils m’ont alors expliqué que ce petit bichon avait précisément l’habitude de dormir à l’endroit où je m’étais installée.
Il avait été adopté pour la maman de la propriétaire.
À son décès, la famille avait récupéré le chien et avait continué à prendre soin de lui.
Pour moi, le message prenait alors tout son sens.
Ce petit chien semblait vouloir signaler sa présence, remercier ceux qui avaient pris soin de lui et, peut-être aussi, rappeler qu’il était toujours présent sur ce lieu qui avait compté pour lui.
Le lien entre l’animal et son gardien

Cette histoire illustre aussi quelque chose que je rencontre régulièrement dans mon travail : le lien entre un animal et son gardien peut être profondément important, même après la mort.
Lorsqu’une personne me demande une communication avec son animal décédé, elle ne cherche pas toujours une réponse à une question précise.
Elle peut simplement avoir besoin de sentir à nouveau ce lien.
De recevoir un message.
De transmettre quelque chose qu’elle n’a pas eu le temps de dire.
Ou parfois simplement de savoir si son animal est « là », d’une autre manière.
Dans cette expérience, c’était presque l’inverse : ce n’est pas le gardien qui avait demandé à recevoir un message.
C’est l’animal qui, selon mon expérience, était venu provoquer la rencontre.
Et cela m’a amenée à réfléchir à une question importante.
Jusqu’où va le libre arbitre lorsqu’on reçoit un message ?
Que fait-on d’une information lorsqu’elle nous est transmise alors que la personne à qui elle est destinée ne nous a rien demandé ?
Dans cette situation, l’animal était littéralement venu me chercher.
Je n’avais pas été sollicitée par ses gardiens.
Et pourtant, j’avais reçu un message.
Il aurait été très facile de ressentir un élan de contribution : vouloir transmettre, expliquer, raconter, donner tous les détails qui semblaient être arrivés.
Mais est-ce toujours le bon moment pour la personne qui reçoit ces informations ?
C’est une question que je trouve essentielle.
Parce que dans la communication animale, comme dans beaucoup de pratiques d’accompagnement, la manière dont une information est transmise compte autant que l’information elle-même.
Je ne transmets pas des vérités : je traduis
C’est aussi pour cette raison que je ne considère pas mon travail comme la transmission de vérités absolues.
Je me considère davantage comme une traductrice.
Au fil de ma pratique, j’ai développé ce que j’appelle, en quelque sorte, un dictionnaire de sensations.
Il peut être corporel, kinesthésique, auditif, visuel, gustatif…
Une information peut arriver sous la forme d’une sensation dans le corps, d’une image, d’un mot, d’un son, d’une émotion, d’une impression ou encore d’une sensation très subtile.
Mon travail consiste ensuite à traduire ces perceptions avec le plus de précision possible.
Mais je sais aussi que cette traduction passe nécessairement à travers mon propre filtre de perception : mon vécu, ma sensibilité, mon histoire, mes expériences.
Il n’y a donc pas, pour moi, une prétention à détenir une vérité.
Il y a une perception.
Une traduction.
Puis une rencontre avec la personne qui reçoit cette information.
C’est aussi pour cela que j’accorde de l’importance au fait de connaître son propre « dictionnaire » de sensations lorsque l’on pratique la communication animale.
Savoir reconnaître ce qui appartient à notre propre imaginaire, à nos projections, à notre vécu, et ce qui arrive comme une information différente demande du temps, de l’expérience et beaucoup de discernement.
Un animal ne dit pas forcément la même chose à tout le monde
Il y a une autre chose que je trouve particulièrement intéressante dans cette pratique.
La communication animale ressemble finalement beaucoup à la communication humaine.
Nous ne racontons pas nécessairement les mêmes choses à toutes les personnes que nous rencontrons.
Nous choisissons ce que nous avons envie de partager selon notre relation, notre confiance, notre sensibilité… et parfois simplement selon ce que nous sommes prêts à raconter à un moment donné.
Je ne vois pas pourquoi il en serait nécessairement autrement avec les animaux.
Un animal peut avoir différentes choses à communiquer à différentes personnes.
Et si deux communications semblent faire apparaître des éléments différents, cela ne signifie pas forcément que l’une est fausse et l’autre vraie.
Il peut simplement s’agir de deux facettes différentes de ce que l’animal souhaite transmettre, ou de deux informations auxquelles les personnes concernées ne sont pas disponibles de la même manière.
Cela fait partie des choses que j’apprends encore à travers chaque communication.
Faire confiance… tout en gardant le doute
C’est peut-être finalement l’enseignement qui m’est resté de cette expérience.
Il n’y avait aucune raison rationnelle de penser qu’un petit bichon allait venir me réveiller au milieu de la nuit.
Aucune raison de connaître son histoire.
Aucune raison de savoir qu’il avait précisément l’habitude de dormir à cet endroit.
Et pourtant, l’information était là.
Alors que faire de cela ?
Pour moi, la réponse n’est ni de tout croire aveuglément, ni de tout rejeter parce que cela ne correspond pas à ce que notre mental considère comme logique.
C’est plutôt d’apprendre à faire confiance tout en conservant une place pour le doute et l’humilité.
Le doute permet de questionner.
De vérifier.
De remettre en perspective.
De ne pas transformer une perception en vérité absolue.
Et parfois, il permet aussi de recevoir une confirmation.
Cette expérience avec ce petit bichon a été, pour moi, une nouvelle invitation à avancer exactement là :
faire confiance, sans cesser de questionner.
C’est aussi cela, pour moi, le chemin de la communication animale : apprendre à se connecter à l’animal, à recevoir son message, à traduire ce qui est perçu, à respecter le lien qui unit l’animal à son gardien… et à accepter que dans certaines expériences restent, malgré tout, une part d’indicible.

